Vous vous demandez peut-être comment combiner entrainement intensif et vie professionnelle active ? Olivier Hemmer, 48 ans, habite Liège. Il fait la navette en train tous les jours et travaille pour P&V Assurances à Bruxelles, au service client de l’assurance incendie pour les particuliers. Un métier prenant, souvent stressant, vu les sinistres complexes à gérer avec des personnes en plein désarroi. « Le sport est un excellent exutoire au stress. Je sens la différence entre un jour où j’ai cassé la croûte au mess de l’entreprise – pourtant excellent ! – et ceux où je combine ma pause de midi avec un peu de course à pied. Cet interlude sportif au grand air me requinque. Après la douche, je suis capable d’enchaîner de longues heures de travail et d’abattre du boulot. Comme je prends un plus long temps de midi, je dois rester plus tard au bureau. C’est logique. »

Pas un sportif au départ

Dire qu’Olivier n’avait jamais fait de sport avant ses 18 ans. Le déclic ? Un voyage de rhéto en Tunisie et une préparation de 3 mois pour dessiner ses muscles. Il a pratiqué par la suite d’autres sports comme le tennis et le squash avant de devenir complètement accro à la course à pied. Après 7 ans de course et 2 marathons (Visé et Eindhoven aux Pays-Bas), il est passé en 2017 au triathlon. Cette discipline sportive est constituée de trois épreuves d’endurance enchaînées : de la natation, du cyclisme et de la course à pied.

Un jour de relâche

« Je m’octroie un jour de relâche par semaine. Le lundi soir, j’ai cours de natation. Le mardi, 15 km avec mon club de jogging à Liège. Le mercredi, entrainement sur piste au club d’athlétisme de Naimette (Liège) et 1 heure d’étirements (bien nécessaires !). Le jeudi, 40 minutes de course à pied avec les collègues de P&V assurances au Parc royal. Nous sommes 7 à courir autant ! Vendredi, relâche. Samedi matin, je pars courir quand ma femme et mes enfants dorment encore. Je n’ai pas besoin de beaucoup d’heures de sommeil. Et le dimanche, je participe à des courses de challenge comme les Cimes de Herve (33 km) ou je fais une sortie de vélo de plusieurs heures. »

A fond, la forme

Olivier Hemmer fait entre 7 et 10 heures de sport par semaine. Sa condition s’améliore : ses sorties sont plus longues et plus rapides qu’avant. « C’est un plaisir de se surpasser. Quand je me suis mis à la natation en prévision du triathlon, j’ai cru que le coach plaisantait quand il me demandait “200 m de crawl, 100 m de brasse et 200 m de crawl… comme échauffement.” Maintenant, j’y arrive. C’est motivant de se voir progresser, de faire de bons classements à des courses, de battre ses meilleurs temps ou de faire un podium. Je rêve de faire un triathlon de distance olympique. Je l’ai déjà fait en entrainement. » Soit 1900 m de nage libre, 40 km de vélo et un semi-marathon (21 km)… d’une seule traite. « Mon autre objectif serait une demi-Iron Man. Et de faire un marathon en moins de 3 heures. » Les temps d’Olivier sont de 3 h 11 en marathon, de 1 h 24 en semi-marathon et de 38 min 20 s en 10 km.

Au boulot !

« J’ai participé avec les autres collègues coureurs à l’action Every Steps Count de Previdis. Cela tombait bien. C’était parfait comme préparation au marathon. C’est sûr, notre équipe a explosé le nombre de pas. J’étais alors à près de 80 km parcourus en courant en une semaine. Ajoutez à cela, les 24 minutes de marche active quotidienne entre la gare du Nord et le bureau avec une belle montée à l’aller. Il n’y avait rien à gagner au Every Step Counts, mais c’était très stimulant. Tout était bien organisé. Avec les collègues, je participe aussi aux 20 km de Bruxelles. Nous avons récolté des fonds pour Médecins du monde. Nous avons aussi fait l’Ekiden de Bruxelles. Même si la course est un sport relativement individuel, j’aime m’entrainer en groupe. Cela motive à être régulier. J’apprécie cette saine émulation et le côté social de courir ensemble. »

Absentéisme ? Connait pas !

« J’ai besoin du sport et de bouger pour mon équilibre. Une blessure est le pire qui puisse arriver à un coureur. Il en faut beaucoup pour qu’un sportif en endurance reste à la maison, assigné par son médecin. Un coureur de fond a l’habitude de sortir dehors, qu’il vente, qu’il pleuve. C’est bon de prendre l’air frais quand on travaille dans des bureaux à air conditionné. Je suis plus résistant aux refroidissements. Je suis aussi moins vite essoufflé. » Les entreprises ont tout intérêt à avoir des collaborateurs sportifs. Leur pratique sportive intensive les rend persévérants et volontaires. Ils évacuent leur stress sainement et privilégient une alimentation équilibrée. Les entreprises font donc bien d’encourager la pratique sportive « par la mise à disposition de douches et de vestiaires avec des casiers où l’on peut laisser des paires de chaussures. Ce serait chouette d’avoir aussi un coach sportif présent sur place pendant le temps de midi. Ou une intervention financière dans le matériel sportif, comme des vêtements techniques au logo de l’entreprise. Ou une participation dans l’abonnement sportif. Chez Jogging Attitude à Liège, je ne paie que 60 €/an. C’est accessible à tous. Qu’on débute ou non. »

Nous sommes jeudi midi, Olivier retrouve ses collègues sous un beau soleil d’automne pour courir au parc de Bruxelles.

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