La consommation d’alcool est inhérente à notre culture. Les Belges aiment boire un verre au restaurant, à la maison ou dans un bar avec des amis, lors de fêtes, confortablement assis devant la télévision, etc. Mais qu’en est-il sur le lieu de travail ?

L’alcoolisme a un impact sur la productivité

La plupart des entreprises interdisent à leurs collaborateurs de boire de l’alcool pendant les heures de travail. La consommation d’alcool altère en effet la lucidité, mais aussi l’équilibre, les réflexes, etc. Elle constitue par conséquent une menace pour la sécurité. Il en va de même pour les médicaments et les drogues.

La consommation excessive d’alcool, de médicaments ou de drogues influe sur la productivité. L’absentéisme et le présentéisme sont plus fréquents chez les grands buveurs. La perte de productivité ainsi que le remplacement de ces collaborateurs coûtent de l’argent à l’employeur. Les inactifs sont plus enclins à se ruer sur la bouteille. On compte en effet cinq fois plus d’inactifs parmi les gros buveurs.

La culture d’entreprise joue également un rôle. Il s’agit de facteurs structurels, du stress, de charges de travail trop ou pas assez élevées et de la disponibilité de l’alcool. Le risque qu’un travailleur boive au travail est accru si ses collègues acceptent ou approuvent la consommation d’alcool ou boivent eux-mêmes sur le lieu de travail ou encore travaillent sous influence. L’alcoolisme est plus courant dans certains secteurs comme l’HORECA et le commerce de boissons, mais également parmi les dockers ou les travailleurs en mer.

Politique préventive obligatoire en matière d’alcool

La CCT 100 rend obligatoire l’instauration d’une politique préventive en matière d’alcool et de drogues dans toutes les entreprises privées. Ces dernières doivent éviter les problèmes de fonctionnement dus à la consommation d’alcool et de drogues et réagir de façon appropriée lorsqu’ils surviennent. Tout d’abord, la prévention doit être au premier plan. Voilà pourquoi tous les employeurs doivent fixer les principes et objectifs de la politique en matière d’alcool et de drogues au sein de l’entreprise dans une déclaration de politique ou d’intention pour ensuite les insérer dans le règlement de travail.

Comment réduire la consommation d’alcool au travail ?

Peu de recherches ont été menées visant à savoir quels programmes de prévention fonctionnaient le mieux pour réduire l’alcoolisme parmi les travailleurs. Il semble que les moyens ayant permis de réduire le nombre de blessures et d’accidents liés à l’abus d’alcool soient surtout les éthylotests obligatoires et la tolérance zéro. En Belgique, des règles strictes régissent la mise en œuvre de tests de dépistage d’alcool et de drogues par les employeurs.

Le réseau social (famille, amis et collègues) jouit d’une grande influence sur le buveur. Les programmes que ce réseau incite à suivre ont dès lors de plus grandes chances de réussite. Les programmes de santé, mesures structurelles et programmes incitatifs généraux contribuent au changement de mentalité sur le lieu de travail.

L’alcoolisme est un problème qui concerne l’ensemble de la société. L’impact le plus important sur le coût social total et la perte de productivité qui se répercutent sur l’ensemble de l’économie est celui de la politique active du marché du travail. Par ailleurs, le gouvernement a la possibilité d’augmenter le prix de l’alcool et de relever l’âge légal pour la consommation d’alcool.

Source : www.prevent.be